Bon, je vous l’accorde, ce récit arrive un peu en retard, presque 2 mois après la course...
Je préviens, c’est un récit, il est long, et ça peut vous paraître barbant, mais
je tenais à partager mon expérience inoubliable vécue ce jour là.
C’était donc le week-end du 25/26 juin 2011, le Marathon du Mont-Blanc, mon objectif de l’année qui était de passer la barre des 40kms. Ce
trail est parfait pour un 1er « long », puisqu’il y a plus de d+ que de d- (2500+ pour 1500-), donc ça ne crame pas trop les cuisses…
Après avoir été victime de souci d’oreille interne me causant des vertiges, nausées…je vous passe les détails…je songe à annuler ma
participation. Je ne peux pas m’entrainer comme je l’avais prévu. Mais finalement, la semaine précédent la course, je me sens mieux. Je décide donc de bien me reposer durant toute la semaine qui
arrive et m’aligner sur la ligne de départ. L’objectif passe de « faire environ 7h30 » à « finir avant les 9h de la barrière horaire » !!!
Le samedi, je file à Chamonix récupérer mon dossard. La bonne ambiance est déjà au rendez-vous dans les rues du centre, avec des animations et
la remise des prix du 10 kms et du cross.
Dimanche matin : je me réveille à 4h, j’avais mis le réveil à 4h45 mais impossible de refermer l'oeil. Ce n’est pas grave, j’ai fait de
bonnes nuits toute la semaine, et je me sens en pleine forme !
Après un bon petit déj’ (pain, nutella, 2 kiwis et un smecta…), décollage à 5h20, arrivée à 6h à Cham, il fait doux. 12°C à cette heure à
Cham, c’est pas mal !
Le ciel est parfaitement dégagé, le soleil se lève sur le Mont Blanc, le décor est planté ! Ca va être une superbe
journée !!!!!
Avant de rejoindre la ligne de départ, je dépose mon sac coureur que je retrouverai à l’arrivée, et je reçois déjà des encouragements, par un
sms de Geneviève à 6h33… « Bonne chance et soit forte. A tout à l’heure » ça motive déjà !!
Je me sens en forme, bien réveillée, prête pour parcourir ces 42,195 kms (et j’insiste sur les 195 derniers mètres qui sont
importants !!!).
Nous sommes environ 1900 participants, ça fait du monde ! Dans la foule, certains discutent de leur objectif, d’autres se prennent en
photos ou se filment.
7h, le départ est donné. Il y a déjà beaucoup de spectateurs dans les rues de Cham, épatant à cette heure matinale, l’ambiance est
géniale !
CHAMONIX – ARGENTIERE : 10kms, 350m+, 1h23 : dur dur le diesel…
Ça part très fort…et je me fais doubler sans arrêt…faut dire que j’ai toujours du mal en début de course, et en plus là, c’est plat, il
faut courir !! Alors je me laisse doubler, on verra bien après…
La 1ère montée arrive, je marche (je ne vais pas me cramer dès le début !). Comme à chaque fois, j’ai l’impression de ne pas
avancer…
Argentière est en vue, je prends un petit gel, un verre d’eau pris au passage au ravito, et direction Vallorcine.
ARGENTIERE – VALLORCINE : 8kms, 260m+, 1h10 : Quoi ??!! y’a pu de sucré !!
Après le ravito d’Argentière, ça bouchonne dans la montée…pas grave, ça permet de se reposer un peu…
Nous sommes toujours à l’ombre, et c’est tant mieux !
Je reçois un sms de Jérôme et Isa pour m’encourager.
Nous poursuivons par un joli chemin en balcon jusqu’à Montroc, où il y a une fois de plus beaucoup de monde et beaucoup d’encouragements. Avec
le prénom écrit sur le dossard, tout le monde m’encourage par mon prénom, ça booste quand même ! Je sais que Julien et Geneviève m’attendent au col des Montets, et ça c’est encore plus
motivant !
Le soleil commence à chauffer, et je suis mieux, les jambes vont bien !
Arrivée au col des Montets, je suis un peu en avance sur mes prévisions…Julien et Geneviève ont même failli me rater…
Je poursuis sur un chemin en descente et je retrouve Julien et Geneviève au 2è ravito à Vallorcine.
Mais là, petit couac…y’a plus de sucré ???? Et moi le pain + saucisson à 9h30 du
mat’, j’ai un peu de mal, mais tant pis, on mange ce qu’il y a …avec un peu de coca, ça passe...
VALLORCINE-COL DES POSETTES : 5kms, 740m+, 1h17 : Ah ben enfin !!
ça monte !!!
1ère « vraie » montée de la journée ! D’abord au frais
en sous bois, puis en plein soleil, mais en altitude donc la chaleur n’est pas encore écrasante.
Ca bouchonne un peu dans la 1ère partie de la montée, mais une fois arrivée sur la piste 4x4, ça avance.
A l’arrivée au col des Posettes, la vue se dégage et le Massif du Mont Blanc apparait, avec en prime un guitariste monté sur un pick up qui
met l’ambiance.
Un bénévole me propose de l’eau avec du sel.
Je retrouve Christophe qui va m’accompagner jusqu’à l’Aiguille des Posettes (et profiter pour me flasher sous tous les profils).
Cette montée passe sans souci, ça bouchonne, mais je double quelques coureurs, ça motive !
COL DES POSETTES-TRE LE CHAMP : 8kms, 250m+, et 800m-, 1h35 : j’ai
faim !!!
Ensuite, nous attaquons la descente vers le Tour, 800m de descente environ et je continue à doubler d’autres coureurs…
Mais cette descente me fatigue : physiquement déjà, et mentalement, car je suis sans cesse très attentive depuis la foulure de ma
cheville, j’ai pas envie de m’en refaire une !!!
Par contre Christophe est toujours avec moi, on discute un peu, et cette descente passe très vite.
Arrivée au Tour, il y a encore du monde pour encourager. Nous empruntons ensuite un chemin très roulant pour revenir à Montroc, et là j’ai un
coup de moins bien, je marche un peu, et surtout j’ai faim. Je pensais que le ravito était au Tour, mais il faudra aller jusqu’à Tré le champ pour déguster le saucisson (là à ce moment là, j’en
ai envie…). Christophe me quitte à ce niveau. Je le remercie encore pour le bout de chemin qu’il a fait avec moi !
Il est 12h30, le soleil cogne, je m’arrose plusieurs fois la tête, les jambes pour me rafraichir et je repars, pour la partie la plus
difficile de la course, la montée de la Flégère !
TRE LE CHAMP-FLEGERE : 6kms, 500m+, 1h30. Y fait trop chaud !!!
500m de dénivelé, c’est pas grand-chose…mais quand on en a déjà 1 600m dans les jambes, ça commence à se ressentir.
Pour attendre la Flégère, nous empruntons le chemin du petit balcon sud. Le début du chemin est long car il est roulant, il file droit et on
n’a pas l’impression de monter…Petit message d’encouragement du Nord de la France, de mes parents, et c’est reparti !
(photos de ma reconnaissance)
Je monte à un bon rythme malgré la fatigue, mais quelle chaleur !!!
C’est étouffant par moment. Les mollets tirent, les cuisses brûlent. Beaucoup de coureurs sont arrêtés au bord du chemin, assis, soit pour faire une pause, soit pour s’étirer les
crampes, soit pour vomir…mmm, sympa, une coureuse s’arrête même devant moi pour vomir…cette montée fait des dégâts ! L’ambiance est plutôt étrange…
On sort de la forêt pour attaquer la dernière montée sur piste 4x4 avant la Flégère, le calvaire, en plein soleil, il est env 13h30, c’est très dur !!
Mais la Flégère est en vue, avec son ravito, je ne pense qu’à une chose, m’asperger d’eau !!!
J’ai 45 mins d’avance sur la barrière horaire, et bien voilà, à ce moment là, je me dis que je vais finir, c’est génial !! Mais ce n'est
pas fini...
FLEGERE-PLANPRAZ : 5,195kms, 400m+, 1h06. "Keep going yeah Keep going Nelly !!!"
Et c’est reparti. 6h55 de temps de course à ma montre. Je me dis que les 8h sont possible ? Alors je me remets à courir. Le chemin s’y
prête bien d’ailleurs, bien roulant, pas technique, jusqu’à la descente des escaliers.
Des pompiers sont là pour la sécurité. Je leur dit « les marches sont grandes pour mes petites jambes ! », l’un d’eux me répond
« oui mais c’est parce que ce matin on en a enlevé 1 sur 2 pour que ce soit un peu plus dur »… Ah ah ils sont marrants ces pompiers !!
S’en suit une petite descente, et nous prenons ensuite un chemin en balcon face au Mont Blanc, et on commence à entendre le speaker de
l’arrivée !!!
Dernière descente sur une piste 4x4, en haut de laquelle un petit groupe chante des chansons improvisées avec nos prénoms, c’est
excellent !!
Et j’aperçois enfin Geneviève et Julien au pied de cette descente venus m’accompagner pour effectuer l’ultime montée de cette course, 250m+
avant de franchir la ligne.
Et c’est dur, j’ai mal aux jambes, il me reste 17 mins pour faire cette dernière partie si je veux finir sous les 8h. Je force sur les jambes
et m’aide le plus possible des bâtons.
J’entends le speaker dire « Allez encore quelques minutes avant les 8h de course », c’est toujours possible !!
Au loin, j’entends des encouragements d’une fille, une anglaise, elle hurle on dirait
qu’elle joue sa vie ! Hallucinant ! Elle crie « keep going yeah keep going Nelly » !!
Julien et Geneviève m’encourage aussi tout le long de la montée, et il y a plein de monde, encore une fois, une superbe ambiance !
Avant dernier virage, la pente se raidit, je donne tout !! Mais ça y
est, les crampes commencent à me titiller les jambes…
Je franchis la ligne finalement en 8h01min et 35s. Très
contente d’en avoir fini, je pense déjà à boire un truc frais !
Une bénévole me félicite et me remet ma médaille. Voilà, je l’ai fait, j’ai couru le marathon du Mont-Blanc !!
Je remercie énormément tous ceux qui m’ont encouragé, de près ou de loin, par sms ou de vive voix.
Je pense que cela aurait été bien plus difficile si personne ne m’attendait à certains points de la course. Les encouragements du public sont
bien sûr motivants, mais c’est surtout ceux des personnes qu’on aime, des amis qui sont là qui sont encourageant ! Je le savais déjà après avoir suivi la CCC l’année dernière, mais je l’ai
encore plus compris ici !
Alors MERCI à tous !
Et bien maintenant, il faut que je me trouve une course de 50kms pour l’année prochaine (et oui, j’augmente de 10 kms chaque année mes
objectifs). Hey dans 6 ans, je peux faire la CCC ;-))
Nelly.